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QUARTIER GENERAL DU
VIII
CORPS

RAPPORT DU VIIIe CORPS APRES LES OPÉRATIONS CONTRE LES FORCES ENNEMIES EN BRETAGNE (FRANCE) PENDANT LA PERIODE DU 1 - 30 SEPTEMBRE 1944

           La Force Opérationnelle Task Force "B" maintenant réduite à un bataillon d'infanterie, gardait la presqu'île de Plougastel contre toute infiltration possible provenant soit de Brest soit de la presqu'île de Crozon. La région de Plougastel était également occupée par un groupe d'artillerie du VIIIe Corps dont les bataillons pouvaient tirer à travers la rade et pilonner les batteries ennemies de Crozon et de la partie arrière des défenses autour de Brest. Au Sud, la Force Opérationnelle "A" consistant maintenant en un bataillon antichar, un groupe de reconnaissance de cavalerie et quelques éléments du génie tâtait les défenses couvrant les approches de la presqu'île de Crozon. A l'extrémité Ouest de la Bretagne la 29e Division organisait une formation désignée sous le vocable de Force Opérationnelle "A" dont la mission était de nettoyer l'extrémité Sud-Ouest de la Bretagne et de réduire les fortification côtières qui s'y trouvaient. Cette formation eut une composition variable pendant la durée de son existence et comprit de temps en temps les 2e et 5e Bataillon F.A., les groupes A et E, l'escadron du 86e Régiment de cavalerie de reconnaissance de la Division, la Compagnie A du 86e bataillon de chimie de combat, la Compagnie C du 480e bataillon d'armes automatiques antiaériennes et la compagnie A du 121e bataillon de génie de combat. La Force Opérationnelle "S" était commandée par le Chef-adjoint au Général commandant la 29e Division, le Colonel Leroy H. Watson.

           Le premier Septembre, les attaques des Divisions sur Brest commencèrent à 10 heures du matin en même temps qu'une attaque aérienne par bombardiers moyens. L'ennemi réagit fortement à cette attaque et il fut réalisé très peu de progrès sur un point quelconque du front. Devant la 8e Division des contre-attaques ennemies contre la 121e d'infanterie annulèrent les faibles gains initiaux réalisés par cette unité.

          Le jour suivant, les progrès furent sensibles. La 2e Division attaquant à gauche, s'empara de la côte 105. Cette hauteur située au Sud-Ouest de Guipavas et au Sud de la route nationale de Landerneau à Brest, était la première des deux hauteurs dominant les approches Est de la ville le long de cette route.


Artilleurs américains près de Guipavas
Comme elle était fortement fortifiée par les canons antiaériens à double fin (terre et air), sa conquête était un gain important et elle permit à la division d'avancer son flanc le long de l'Elorn sur environ 3 kilomètres. Le même jour, la 8e Division avança également, s'emparant de la colline 80 après le retrait de l'ennemi. Peu de progrès furent faits par la 29e Division dans son attaque sur Brest, cependant le 2e Bataillon d'éclaireurs (Rangers) opérant dans l'Ouest comme un élément de la Force Opérationnelle "S" s'empara de l'agglomération de Trébabu, un petit village juste au Nord de la grand route de St-Renan au Conquet et à environ 2500 mètres de cette dernière localité.

           La Force Opérationnelle "A" progressa favorablement dans la presqu'île de Crozon les 1er et 2 Septembre. La côte 330 (Menez Hom) qui domine le pays à la base de la presqu'île fut enlevée avec peu de résistance et la Force Opérationnelle avança jusqu'à une ligne s'étendant d'une façon générale du Nord au Sud de la presqu'île par le village de Telgrue.

            La situation des munitions à ce moment était loin d'être satisfaisante. Malgré leur rationnement sévère le rythme du réapprovisionnement était insuffisant pour garantir une attaque à grande échelle par le Corps d'Armée. On ne pouvait obtenir que peu de renseignements par les quantités expédiées, pas plus qu'on ne pouvait obtenir d'assurance certaine concernant les arrivages de munitions par les L.S.T. (navires de débarquement) et des trains de munitions envoyés par les services de réapprovisionnement. On dut se résoudre à réduire les plans d'attaque et les attaques exécutées pendant cette période ne furent que des affaires locales, dont l'importance fut limitée par les faibles quantités de munitions disponibles. Le réapprovisionnement s'étant amélioré pendant la période du 3 au 8 Septembre, ce ne fut qu'à partir de ce dernier jour que, disposant de suffisamment de munitions, l'on put reprendre l'attaque avec certitude de succès. Cependant pendant cette période, la pression fut maintenue sur l'ennemi et grâce à l'aviation et en particulier à l'appui efficace apportée par les chasseurs-bombardiers de légères avances purent être réalisées. La 2e Division exploitant sa conquête de la côte 105, s'arrangea pour avancer ses lignes de 1 000 mètres. Pendant la même période, la 8e Division gagna environ 500 mètres pendant que la 29e Division utilisant le 5e Bataillon d'éclaireurs (Rangers) sur son flanc droit, avança ce flanc le long de la côte jusqu'au fort de Mengant, une vieille forteresse à 2.000 mètres à l'Est de la pointe du Petit-Minou. Au Sud-Ouest la Force Opérationnelle "S" s'avança de 3.000 mètres en plein le long de la presqu'île du Conquet. Dans la presqu'île de Crozon la Force Opérationnelle "A" se heurta à une forte ligne de résistance à Telgrue. Aucun effort ne fut fait pour percer cette ligne, aucun renfort ne pouvant être envoyé à ce moment dans le cas où ce bataillon serait pris dans un engagement dont il n'aurait pu se tirer d'affaire. Cependant un service actif de patrouille fut maintenu le long de cette ligne jusqu'à ce que la 8e Division fût en mesure de déployer son attaque générale ultérieurement au cours du mois dans la presqu'île de Crozon.

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