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QUARTIER GENERAL DU
VIII
CORPS

RAPPORT DU VIIIe CORPS APRES LES OPÉRATIONS CONTRE LES FORCES ENNEMIES EN BRETAGNE (FRANCE) PENDANT LA PERIODE DU 1 - 30 SEPTEMBRE 1944

          Le 6 Septembre, à 5 heures, le VIIIe Corps fut rattaché à la 9e Armée des Etats-Unis placée sous le commandement du Lieutenant Général William H. Simpson.

           Le 7 Septembre, des stocks de munitions furent constitués dans le A.S.P. (parc de munitions) avec une moyenne de deux unités de feu. Or, une moyenne de trois unités était considérée nécessaire pour soutenir une attaque de grande envergure, mais on reçut l'assurance qu'un nombre suffisant de bateaux de munitions était en route. Des ordres furent donnés pour la reprise de l'attaque le 8 Septembre.

           L'attaque concertée fut déclenchée à 10 heures à la suite d'une opération d'artillerie. Désormais, des progrès satisfaisants furent réalisés à travers les positions ennemies qui auparavant avaient opposé une forte résistance. La 2e Division s'empara de la côte 90, second obstacle principal à l'approche de la ville en venant de l'Est. De même que la côte 105, la position était puissamment fortifiée avec de l'artillerie antiaérienne à deux fins (sol-sol, sol-air) la plupart de ces pièces avait un calibre de 105mm et étaient mises en place dans des ouvrages en béton. Il fut fait 370 prisonniers sur cette position, y compris le chef de bataillon et les officiers du 2e Bataillons du 7e régiment de parachutistes, ainsi que les officiers commandant deux compagnies de parachutistes.

           Dans le secteur central la 8e Division, avec les 13e et 121e régiments, se heurta à une résistance obstinée et vers midi avait réalisé des gains de 500 à 800 mètres. Vers 13H00 le 2e Bataillon du 121e régiment s'empara des casernes de Pontanézen et s'avança en formation serrée dans le village de Mesmerrien situé à environ 1.000 mètres à l'Est des casernes. Dans la partie Ouest du secteur de la Division et sur la grand route menant au Sud vers Lambézellec, le village de Loscoat et la côte 82 furent enlevés vers 17 heures. Pendant ce temps, la 29e Division avançait son aile gauche et sa partie centrale d'environ 1.000 mètres, mais aucun gain ne fut réalisé sur le flanc droit. Le nombre de prisonniers capturés dans la journée fut de 988, alors que les pertes ne s'élevaient qu'à 252.

           L'appui supplémentaire d'artillerie que permit l'abondance des munitions ainsi que l'accroissement du nombre des chasseurs-bombardiers porté à six par division, utilisables en cas d'alerte aérienne donna beaucoup de mordant à l'attaque. Dans le cours de la nuit, 8 L.S.T. (bateaux de débarquement) et 2 trains chargés de munitions arrivèrent, et pour la première fois depuis l'intervention du VIIIe Corps, il y eut suffisamment de munitions pour apporter un appui efficace à l'infanterie. L'accroissement de la pression sur l'ennemi continua et ne devait pas cesser jusqu'à la capitulation qui survint dix jours plus tard.

           Le 9, l'attaque fut reprise à 09H00 et de nouveau des progrès substantiels furent réalisés, en particulier à l'Est et au Nord. Vers 17H00, la 2e Division avait atteint les abords immédiats de la ville et à la tombée de la nuit, des combats se poursuivaient de maison en maison. La 8e Division fit plus de 1.000 prisonniers pendant cette journée d'opérations. Elle s'avança à travers la ville de Lambézellec en ne rencontrant qu'une résistance relativement faible et lança une attaque coordonnée avec un front de deux régiments à 15H00 contre les positions ennemies situées au Sud. Une avance de 1.500 mètres fut réalisée par cette division qui fit 185 prisonniers. La 29e Division fit avancer le 115e d'infanterie jusqu'à Penfeld, ne rencontrant que peu de résistance, mais sans réaliser aucun progrès effectif dans la direction de Brest, ailleurs que le long de la ligne de feu. Cependant vers l'Ouest cela alla un peu mieux pour cette Division. La Force Opérationnelle "S" s'empara du Conquet à 13H00 et le 2e Bataillon d'Eclaireurs (Rangers) s'empara des batteries de Lochrist à 14H00. L'officier commandant ce secteur et plus de 1.000 hommes furent fait prisonniers, mais il subsista de nombreux points de résistance isolés. Pendant cette journée, le total des hommes faits prisonniers par le VIIIe Corps s'éleva à 2.550.

 Le lendemain la 2e Division déclencha l'attaque à travers la ville vers les remparts. Les Allemands résistèrent dans chaque rue, bâtiment ou place. Par suite de feu intense de mitrailleuse et de canon antiaériens provenant de chaque coin de rue et de positions bien marquées dans des constructions et dans les décombres, toute avance pour descendre ces rues aurait vouée au suicide ceux qui auraient voulu l'entreprendre.
On ne put progresser qu'en avançant de maison en maison, ce qui put être réalisé en produisant par des explosions des trous dans les murs mitoyens, puis en nettoyant la maison de l'ennemi qui s'y trouvait.

           Le combat était mené au moyen de petits groupes tels que l'escouade et la section et, selon les termes employés par le commandant de la 2e Division, la lutte à travers la ville devint une guerre de caporal.

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