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QUARTIER GENERAL DU
VIII
CORPS

RAPPORT DU VIIIe CORPS APRES LES OPÉRATIONS CONTRE LES FORCES ENNEMIES EN BRETAGNE (FRANCE) PENDANT LA PERIODE DU 1 - 30 SEPTEMBRE 1944

         De l'autre côté à Brest, la 2e Division était toujours engagée dans le dur combat de maison en maison, auquel elle avait dû se consacrer depuis qu'elle avait atteint les faubourgs. Grâce à son avance, elle avait maintenant la possibilité d'employer des mortiers contre des objectifs dans l'enceinte de la ville, ce qui permit d'augmenter la puissance de feu de l'artillerie qui pilonnait la ville. Dans la zone d'action de la 29e Division, le temps défavorable de la matinée empêchait l'intervention des huit chasseurs-bombardiers qui devaient l'appuyer. La garnison ennemie du Fort Montbarey était isolée mais continuait à tenir malgré les attaques dirigées contre cette position. Dans les environs du Cosquer, les points d'appui fortifiés gardant les approches du Fort du Portzic furent attaqués à la tombée de la nuit par le 5e Bataillon d'éclaireurs (Rangers). Dans ce secteur, l'ennemi fut encerclé. A l'Est du secteur occupé par la Division des éléments des 115e et 116e régiments parvinrent à 1.500 mètres du mur et une patrouille du 116e atteignit la falaise au-dessus de la rade près de la base sous-marine.

         L'effet d'affaiblissement de la résistance produit par le terrible pilonnage par l'artillerie ainsi que le mitraillage et le bombardement par les chasseurs-bombardiers, commençait à se manifester. Le 16, le 115e d'infanterie de la 29e Division s'empara des hauteurs avoisinant Hildy et obliqua au sud pour s'avancer dans la direction de la base sous-marine.

         La cote 97 qui se trouvait dans le secteur des 116e et 175e Régiments fut enlevée et de là, on dominait le quartier de Recouvrance. Le Fort de Montbarey qui avait été encerclé pendant deux jours fut conquis à 16H30 par le 116e d'infanterie. Pour la réduction de ce point d'appui fortifié, les tanks "crocodiles" furent utilisés dans de meilleurs conditions que lorsqu'on s'en servit pour la première fois. La défense des hauteurs voisines du fort fut, dès le début, anéantie grâce à un assaut d'infanterie combiné avec les tanks à lance-flammes après une intense préparation d'artillerie. Alors le fort fut couvert de fumée et le génie traça des passages à travers les champs de mines afin de permettre aux tanks de s'approcher tout près du fort. L'ennemi qui occupait le fort ne disposant que d'armes légères, il fut possible aux tanks de circuler autour en crachant du feu dans les fentes des murs utilisées par les tireurs ennemis, sans que ceux-ci puissent réagir. Ceci permit au génie de mettre en place des charges explosifs et il put être pratiquée à travers le rempart du fort au moyen d'explosions une brèche à travers laquelle l'infanterie finit par entrer en contraignant ainsi le fort à capituler.
         Après la conquête du Fort de Montbarey, on avait le champ libre pour attaquer les principales défenses de Recouvrance. Le 175e d'infanterie s'accrocha aux remparts et vers 19H00 les premiers combats de patrouille furent livrés à l'intérieur des murs de la vieille ville. Le 116e s'avança à une distance de 1.000 mètres du mur, mais comme il arrivait à une partie construite de la ville, ses progrès subirent un ralentissement. A l'extrême droite, le 5e Bataillon d'éclaireurs s'empara du point d'appui fortifié du Cosquer et progressa de la crête vers le Fort du Portsic.

         A l'Est de Brest, la 2e Division fit également de sérieux progrès. Le 38e d'infanterie se rendit maître de la résistance de l'ennemi à l'Est du rempart. Cependant dans le secteur Sud, le 23e d'infanterie se heurta à une violente résistance de l'ennemi et en particulier de la part de points d'appui fortifiés dans les environs de la gare.

         Dans la région de Crozon, la principale ligne de résistance fut fortement défendue et, vers midi, la 8e Division ne put avancer que de 400 mètres. Pendant le reste de cette journée, le progrès fut extrêmement lent et vers la tombée de la nuit, le gain total effectué depuis le début de l'attaque atteignit 1.700 mètres. L'attaque continua jusqu'à 20H00, heure à laquelle les positions conquises furent organisées pour la nuit.

         Le lendemain, le 17 septembre, la 8e Division déclencha son attaque à 7H00 et ne rencontra qu'un feu peu nourri. On en déduisit que l'ennemi s'était retiré vers une deuxième position défensive. Le 28e régiment avança d'environ 2.000 mètres et le 121e régiment d'environ 3.000 mètres vers midi. L'ennemi ne réagit pas. Au début de l'après-midi le 121e d'infanterie progressa jusqu'à une position à cheval sur la gare de Saint Guénolé et lança une attaque sur la cote 96 qui s'élève exactement à l'Est de la ville de Crozon. La Force Opérationnelle "A" qui avait été envoyée à l'arrière au début de l'attaque de l'infanterie remonta alors dans le centre de la presqu'île, le long de la grand route vers une position de 1.000 mètres à l'Est de Guennatec d'où elle s'avança à l'Ouest pour nettoyer le vallon s'étendant entre le deux régiments qui donnaient l'assaut. Le 2e Bataillon d'Éclaireur, rattaché à la 8e Division le 17 à 9 heures, avança à travers la presqu'île de Crozon alors que l'ennemi se retirait peu à peu vers de nouvelles positions défensives. Le nombre total d'hommes fait prisonniers dans ce secteur s'élevait à 1.333 le 17 septembre.

         Au cours de la même journée, à Brest l'attaque réalisa de sérieux progrès contre la résistance qui s'affaiblissait. La 2e Division s'empara du point d'appui fortifié à la gare dans le courant de la matinée, et vers 18H00 avait complètement dégagé l'extérieur des remparts. dans le cours de la même soirée, le 9e d'infanterie put faire franchir les remparts à un bataillon au Nord, et vers minuit ce bataillon avait pu avancer vers le Sud de 1.000 mètres. Une section du 38e régiment réussit à franchir le rempart mais fut rejetée au dehors par un feu intensif d'armes légères provenant de positions bien protégées. Pendant cette journée la 2e Division fit 360 prisonniers.

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